Des maraîcherculteurs à l’école de l’agroécologie à Loumbila
Des maraicherculteurs venus se faire former pour contribuer à la préservation de l'environnement (Ph. Studio Yafa)

Des maraîcherculteurs à l’école de l’agroécologie à Loumbila

Pour tendre vers l’agroécologie, l’association Yèlèmani basée à Loumbila a imaginé des leviers à actionner. Parmi ceux-ci, la formation des acteurs et la récupération des sols… Les responsables de l’association ont donc initié une formation au cours de laquelle les acteurs ont appris des techniques qu’ils comptent bien mettre en œuvre.

Dans un espace aménagé à Loumbila, à quelques encablures de Ouagadougou, on y voit des acteurs au travail. Entre travail dans les champs et en classe, ce sont des acteurs de la maraîcherculture venus se faire former. Au-delà des connaissances utiles pour leurs activités, en trame de fond, il y a la préservation de l’environnement qui est visée.

La coordonnatrice de l’Association Yèlèmani pour la promotion de la souveraineté alimentaire, Blandine Sankara, explique que c’est leur troisième fois et sur trois ans d’organiser une formation en agroécologie. Et ce sont 30 maraîchers qui sont formés à chaque session.

Dans ce sens, les acteurs formés reçoivent des techniques agroécologiques. Il leur a été, par exemple, appris à faire face au changement climatique et à toutes les difficultés liées à la vie, à travers l’agriculture. Il y a aussi la question des semences, comment être autonome en semences.

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Blandine explique que les acteurs formés ont appris à produire eux-mêmes les biopesticides, les biofertilisants. Ce qui leur permet de « (…) ne plus être dépendants des produits chimiques, mais également d’être autonomes, à faire face à certains aléas, notamment climatiques, et même le problème de la destruction de la biodiversité et de l’environnement ».

Blandine Sankara explique comment récupérer des terres jugées improductives (Ph. Studio Yafa)

Le formateur Jonas Nana ajoute que « durant les 5 jours de formation, nous leur avons montré les techniques de production agroécologique, notamment les enjeux sur la semence paysanne, l’aménagement des sols, la fabrication des biopesticides, les produits de traitement phytosanitaire… ». Aussi, à en croire Jonas, l’occasion a été bonne pour échanger sur l’avantage de l’agroécologie, afin que ces acteurs puissent démarrer une transition agroécologique.

Jeanne Talato Sawadogo fait de la culture maraîchère depuis 2011. Elle confie avoir eu beaucoup de connaissances lors de la formation. Salfo Nassa atteste aussi que les formateurs leur ont donné de la connaissance « que nous mettrons en pratique dans la maraîcherculture. Personne n’a le monopole du savoir », termine-t-il.

Des terres récupérées, fertilisées et exploitées

La coordonnatrice de l’Association présente un site qui avait été abandonné par les habitants, parce que jugé improductif. « C’était un sol lessivé », clame-t-elle. Dans le cadre des arguments pour pousser vers l’agroécologie, « on a récupéré, et on a produit des légumes et ils l’ont vu. Mais c’était une façon aussi de démontrer que c’est possible.

A l’époque, il y avait peut-être quatre ou cinq balanites, ces arbres épineux-là qui poussent sur des sols pauvres. Donc on a planté des arbres. Tout ça, ce sont des techniques agroécologiques », argumente-t-elle, l’air fier. Aussi, pour elle, c’est une façon de pousser les producteurs qui ne croient pas, à expérimenter.

L’agroécologie, une solution

Blandine Sankara assure toute l’importance de cette démarche. De son avis, nous assistons tous aux effets du changement climatique. Soit ce sont les pluies qui n’arrivent pas à temps, soit ce sont des inondations. Et face « (…) à tout ça, l’agroécologie est une solution, car permettant de retenir des nutriments, pour ne pas lessiver le sol ». Elle détaille qu’il y a des techniques pour retenir les eaux de ruissellement et aussi pour garder pendant longtemps l’eau autour de la plante. « Cela évite l’appauvrissement des sols », explique-t-elle.

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Après que les consignes agroécologiques ont été respectées, certains agriculteurs arrivent à beaucoup produire. A ceux-là, l’association Yèlèmani propose un circuit pour l’écoulement. La coordonnatrice de l’Association Yèlèmani pour la promotion de la souveraineté alimentaire, Blandine Sankara rassure: « Ceux qui auront en tout cas commencé à produire, directement ils savent qu’ils peuvent ramener la production ici pour la transformation, pour la vente au niveau de Yèlèmani. Yèlèmani rachète la production. Donc je pense que c’est une façon solidaire de les appuyer.  Parce que c’est bien de former, mais on ne peut pas les laisser chercher ce type de marché-là, qui n’est pas encore rentré dans la mentalité des Burkinabè ».

Elle fait également comprendre que l’un des objectifs, c’est la conservation. Elle estime qu’à certaines périodes, il y a des productions qui sont abondantes, mais que les paysans ne peuvent pas garder. Ils peuvent donc les vendre à Yèlèmani.

Boureima Dembélé